Le Telharmonium, l'instrument du XIXème écoutable au téléphone


Lorsque le téléphone fut inventé, très vite un ingénieur du nom de Thaddeus Cahill se demanda comment y faire jouer de la musique, et le telharmonium naquit.


Un peu d'histoire...


Thaddeus Cahill, féru de mécanique de précision et avocat à ses heures perdues, eut un jour l'idée de diffuser de la musique via le téléphone. C'est ainsi qu'en 1898, il déposa un brevet pour un « appareil capable de créer et de diffuser de la musique électrique » selon ses termes.



3 ans plus tard, le Telharmonium 1 voyait le jour. Ce beau bébé pesait 7 tonnes, et servi à trouver des financeurs afin d'améliorer et d'exploiter l'invention. Ce fut une réussite puisque deux hommes Oscar T. Crosby et Frederick C. Todd acceptèrent de se joindre à l'aventure.


La complexité de son fonctionnement a fait que son coût dépassa les 200 000$ et qu'il fallut 50 employés et 4 ans de travail pour le terminer.

En 1906, le telharmonium 2 fut achevé, et transporté dans un immeuble à Broadway. La cave de l'immeuble accueillait l'immense machinerie nécessaire au bon fonctionnement de l'instrument. Son poids était estimé à 200 tonnes, et il mesurait plus de 20m de long !


Les 2 artistes jouaient des œuvres classiques à l'étage, en activant les 36 touches du clavier par octave, tout en sachant que l'instrument couvrait 7 octaves (de 40 à 4 000 Hz). En appuyant sur une touche, un capteur s'approchait d'une roue crantée métallique en rotation qui générait ainsi un signal plus ou moins fort correspondant à une note. Il fallait donc 252 roues en rotation perpétuelle. Pour pouvoir obtenir un signal suffisamment fort afin qu'il soit audible des personnes au bout du fil, Cahill eut l'idée d'utiliser des cylindres en cuivre en guise d'amplificateurs. Cette innovation se nomma roue phonique et fut la vraie innovation du telharmonium.


Le bruit considérable généré obligea les inventeurs à séparer la machinerie et le clavier dans deux pièces différentes.


Quiconque avait payé la souscription pouvait entendre les airs joués en décrochant son téléphone. L'écouteur standard était remplacé par des haut-parleurs afin que tous puissent entendre. Des commerces pouvaient également souscrire afin de diffuser la musique, une sorte de Deezer avant l'heure, mais avec beaucoup moins de choix !


Quelques défauts cependant


En dehors de son poids imposant (30 wagons furent nécessaires pour le transporter), le telharmonium souffrait de quelques défauts.

De part sa puissance, le telharmonium générait des interférences dans les conversations téléphoniques, gênant ainsi l'ensemble des utilisateurs du réseau New Yorkais.

Son autre défaut concerna le marketing. A l'époque peu de personne avaient le téléphone, et très peu eurent recours aux services du Telharmonium. Malgré un bon début, l'affaire n'était pas rentable. C'est ainsi qu'en mai 1908, la société mis fin à ses activités, après avoir vainement tenté de créer son réseau parallèle.


Cahill, persévérant, construisit un troisième modèle du telharmonium et retenta l'aventure new-yorkaise en 1911, mais sans succès.

39 ans plus tard, un des frères de Thaddeus Cahill essaya de réparer le tout premier prototype, mais ils ne parvint pas à ses fins, et l'instrument termina à la casse.


L'héritage du telharmonium


Grâce au telharmonium, la musique fut pour la première fois convertie en signal électrique grâce au principe de la roue phonique vu plus haut. Un exploit majeur, qui permit ensuite à Laurens Hammond dans les années 1930 de créer son orgue Hammond. Il parvint à miniaturiser en quelque sorte le telharmonium dans un instrument plus petit destiné aux églises ne pouvant s'équiper d'un orgue traditionnel.


Il n'existe malheureusement aucun enregistrement connu du telharmonium, seules quelques photos ont pu témoigner de la courte mais intense vie de cet instrument méconnu.




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