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Quand Cthulhu s’installe en Normandie : Les Chants de Tindalos

  • Julien Bobée
  • 2h
  • 5 min de lecture

Samedi 30 août, TST Radio a eu l’opportunité de rencontrer l’un des co-auteurs du dernier-né de ce qu’on appelle “Le Mythe” dans l’univers du jeu de rôles. Retour sur cette entrevue avec Nicolas Patout.


Photos : Julien Bobée


Julien B. (JB) : Bonjour Nicolas, merci d’avoir accepté l’invitation. Peux-tu te présenter, ainsi que le reste de l’équipe ?


Nicolas P. (NP) : Bonjour, et oui je vais commencé par mon humble personne : donc moi c’est Nicolas, je suis prof dans la vie civile, et le collectif s’est créé durant le covid. À l’origine, nous sommes une bande d’amis jouant au jeu de rôles depuis l’enfance. Au moment du confinement, Damien (Simon, co-auteur, NDLR), un ami proche, travaillait au Havre, et habitait un petit logement. Avec Marie (Patout, co-autrice, NDLR), ma compagne, nous lui avons proposé de venir habiter chez nous durant cette période. Durant cette longue période, nous avons eu l’envie de faire une grande campagne pour le moment où tout cela s’arrêterait. Nous sommes partis sur l’idée de faire une campagne se déroulant sur toute une semaine. À la fin du confinement, nous avons invité nos amis pour jouer tout une semaine. Toute la problématique était surtout de la logistique, et d’autres amis nous ont aidé, que ce soit pour la mise en place, la préparation de coupures d’articles de journaux en vue de la campagne, etc… Et j’aimerais encore une fois remercier Arthur, Sammy et Benjamin qui ne pouvaient pas venir jouer, mais ont participé de cette manière. Après cette première édition, on a voulu préparer la suite l’année suivante. Nos amis nous ont fait remarquer la tonne de travail qui nous attendait, et nous ont proposé de réitérer en nous aidant avec notamment la mise en place d’une ambiance lumineuse, de la préparation de la salle de jeu, etc… Et c’est à la troisième édition, où nous étions toujours sur le système de L’Appel de Cthulhu, que nous nous sommes dits qu’il nous fallait notre propre système de jeu, et l’équipe s’est agrandie, avec notamment Benjamin qui nous a rejoint en 2021 en tant qu’illustrateur, et Paul qui est le président du collectif, et nous sommes actuellement une dizaines de personnes à travailler sur ce projet.


JB : Et donc, quelle a été votre motivation pour créer Les Chants de Tindalos ?


NP : C’est surtout l’envie de partager ce que nous faisons avec d’autres personnes. On croit vraiment qu’une partie de jdr permet de créer des souvenirs, et nous sommes dans un rapport où les meneurs de jeu travaillent toujours pas mal en amont, et paradoxalement, tout ce travail, une fois utilisé sur un scénario, disparaît d’une certaine manière. Et nos amis nous ont vraiment poussé à mettre notre travail, à Marie, David et moi, en forme, et apporter en supplément leur touche personnelle. On voit aujourd’hui ce livre comme une espèce de “lasagnes”,  où nous (les auteurs, NDLR), avons fait la première couche, et chacun a apporté sa touche. D’ailleurs, certains personnages apparaissant dans le livre sont, à l’origine, des personnages créés par les joueurs de la première édition de notre campagne.


JB : À sa lecture, on se rend compte que le livre regorge d’énormément de détails et de contextes historiques. Comment vous-êtes vous organisés pour mener les recherches historiques ?


NP : D’abord, les recherches nous ont pris beaucoup de temps. La méthode a beaucoup varié, de la consultation d’ouvrages historiques de références, ou bien partir d’une page wikipédia, checker les sources et croiser les infos. Comme nous sommes plusieurs, on se relit tous entre nous pour valider ou corriger nos éléments. Nos compétences acquises durant nos cursus académiques nous ont pas mal aidé, et par exemple, cette idée d’utiliser mes recherches académiques dans le cadre du jdr m’ont permis d’éviter le décrochage (rires).


JB : Vous avez fait appel au financement participatif pour votre projet, et ce dernier a été un succès. Comment expliquez-vous cette réussite, et comment l’avez-vous vécu ?


NP : Pour la réception du succès, on a crié de joie, c’était la fête. Le soir de la fin du financement, nous étions avec la communauté, et c’était la folie. Pour expliquer ce succès, je pense qu’une des choses que nous avons bien fait, c’est que nous ne sommes pas tout de suite allés au financement. On a commencé en 2023 en allant en convention avec une démo en commençant à Paris est Ludique, et nous l’avons étrennée et épurée pendant un an et demi. Ça nous a permis également de construire notre communauté, qui nous a beaucoup aidée là encore à équilibrer notre produit. Après je ne saurais pas vraiment dire “pourquoi” ça a fonctionné, et le succès est parfois un peu ingrat, à mes yeux. Des fois, tu peux avoir un produit super quali, et pourtant ça ne fonctionne pas. Le facteur chance y est probablement pour quelque chose. Mais en tout cas, c’est grâce à la communauté que ça a marché. Pour nous, ça a été un projet communautaire : on a travaillé au début à trois auteurs, et toutes les décisions sont collégiales, ce qui entraîne des frustrations, mais aussi des compromis, parfois sur un détail vraiment très précis. Et maintenant l’objectif est de rendre à la communauté ce qu’elle nous a donné, car le financement reste un risque, car tu ne sais pas quand tu seras livré, dans quelles conditions tu vas être livré, et même pour ça, on a essayé de faire un SAV pour contenter tout le monde. Et donc on veut remercier la communauté pour cette confiance qu’elle nous a accordé.


JB : Une question un peu plus globale et légère : le jeu dans sa globalité a pris une place plus importante aujourd’hui au sein de notre société. Quel est votre point de vue à ce sujet ?


NP : C’est un avis personnel, mais je pense que ce qui est bien est que nous avons compris que le jeu est quelque chose de sérieux, et c’est extrêmement positif. Maintenant, j’ai parfois l’impression qu’on a tendance à privilégier une facette du jeu que je ne considère pas comme la plus porteuse qui est le côté “satisfaction immédiate et un jeu purement distractif”. Un jeu est fait pour se distraire, et si un jeu n’est pas distractif, c’est vite inintéressant. Des fois, ça m’arrive personnellement de prendre du plaisir sur une partie de Monopoly, pourtant il y a aujourd’hui beaucoup d’excellents jeux produits au 21ème siècle. Donc je suis assez enthousiaste, avec une forme d’”inquiétude”, pas tant liée au jeu, mais plus au fait qu’on vit une période pas très marrante. Pour le jeu, il faut garder à l’esprit que justement, ça reste un jeu, une fiction. Pour reprendre l’exemple de Cthulhu, on ne voue aucun culte aux “Dieux Sombres”. Le principal est qu’on ait toujours un enjeu, selon moi, quand on joue. Et c’est en ça que le jdr est formidable, parce que ce n’est pas qu’un lancé de dés, c’est un ensemble de sensations, de ressentis qui rendent le jeu vivant.


JB : Enfin, quel est votre ou vos conseils pour débuter le jeu de rôles en général ?


NP : Je risque de me contredire, mais il ne faut pas se prendre au sérieux. Tout le monde est capable de jouer, mais il suffit de trouver sa sensibilité propre. Il y a autant de manières de jouer que de joueur, et dans tout cela, il faut savoir juste se faire plaisir. D’autre part, il faut accepter que tout ne sera pas parfait, ne pas sacraliser les règles, dans le sens où une règle ne plaît pas, on peut la jeter. Et surtout trouver l’univers qui nous convient. Mais surtout, toujours faire ou demander un retour d’expérience après une session, pour éviter les crispations et corriger peut-être certains défauts rencontrés durant la partie, c’est l’essentiel !



Je remercie la bar L’Absinthe qui nous a gentiment donné son accord pour cette entrevue. Retrouvez Les Chants de Tindalos sur Facebook et Instagram, ainsi que sur le site https://chantsdetindalos.fr .


Entrevue réalisée le 30 août 2025, par Julien Bobée pour TST Radio


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