L’histoire du « Bleh » dans les chansons Metal
- Coline Lefevre

- il y a 4 jours
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Dans l’univers du metal, certains sons dépassent le simple statut de parole pour devenir de véritables marqueurs culturels. Parmi eux, le célèbre « Bleh » occupe une place à part.
Cri bref, rauque, parfois lâché comme un projectile sonore (ou un vomissement), il déclenche instantanément l’enthousiasme du public. Mais d’où vient ce son si particulier, et comment est-il devenu un élément presque mythique de la musique metal ? Petit voyage au cœur d’un cri qui en dit long.

Origines et racines vocales
À l’origine, le « Bleh » n’est pas un mot, mais une interjection gutturale exprimant le dégoût, la colère ou le mépris. On en trouve des ancêtres dans le punk hardcore et le thrash metal des années 1980, où les chanteurs utilisaient déjà des cris spontanés pour accentuer l’agressivité ou l’urgence d’un passage musical.
Des groupes comme Black Flag, Minor Threat ou encore Slayer ont popularisé cette approche vocale brute : pas besoin de phrase complète, parfois un simple grognement suffit à faire passer le message. Le « Bleh » s’inscrit ainsi dans une tradition où la voix devient presque une percussion. C’est à partir des années 1990 et surtout 2000 que le « Bleh » entre dans sa phase de gloire. Avec l’émergence du metalcore et du deathcore, les chanteurs multiplient les contrastes entre refrains mélodiques et explosions de violence sonore.
Impossible de parler du « Bleh » sans citer Corey Taylor (Slipknot), souvent considéré comme l’un de ses ambassadeurs les plus célèbres. Des groupes comme Architects (référence en la matière) , Bring Me The Horizon, Parkway Drive ou While She Sleeps l’utilisent également comme une arme redoutable.
Du sérieux au second degré
À ce stade, le « Bleh » devient un signal universel : il annonce presque toujours un breakdown, un riff massif ou un changement de rythme brutal. Quand il arrive, on sait que quelque chose de lourd est sur le point de tomber. (Beh ouais, me dites pas que vous êtes pas fifou dès que vous l’entendez) Crié juste avant un passage écrasant, il agit comme un bouton rouge collectif. Le public réagit immédiatement : headbang synchronisé, mosh pit spontané, parfois même avant que le riff ne commence réellement.
Musicalement, il sert de repère rythmique. Socialement, il renforce le lien entre le groupe et la foule. Et culturellement, il devient un code partagé : pas besoin d’explication, tout le monde comprend.
Avec le temps, le « Bleh » a aussi pris une dimension plus auto-dérisoire. Certains groupes l’assument pleinement, d’autres s’en amusent. Sur Internet, on trouve des compilations de « best of bleh », des mèmes et des débats passionnés sur « le bleh parfait ».Des artistes comme Sam Carter (Architects) ou Oli Sykes (Bring Me The Horizon) sont régulièrement cités par les fans, parfois avec admiration, parfois avec humour. Le cri devient alors un clin d’œil : sérieux dans l’intention, mais jamais totalement déconnecté du fun.
Un symbole de l’identité metal
Aujourd’hui, le « Bleh » est bien plus qu’un simple cri. Il est devenu un symbole sonore, immédiatement reconnaissable, qui incarne l’intensité, la catharsis et l’énergie collective propres au metal.
L’histoire du « Bleh » dans les chansons metal est celle d’un cri devenu langage.
Preuve ultime que dans le metal, même un son qui ne veut rien dire peut finir par tout dire.
Rédaction : Coline Lefèvre


























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