Sortir des GAFAM : comment un musicien peut reprendre le contrôle de son projet musical
- Rédaction TST Radio

- il y a 2 jours
- 3 min de lecture

E-mails, stockage, streaming, outils de travail… Aujourd’hui, la plupart des projets musicaux reposent presque entièrement sur des services américains comme Google, Apple, Meta, Amazon ou Microsoft. Pratiques, efficaces… mais très centralisés. Alors, est-il possible de développer un projet musical sans dépendre des GAFAM ? Spoiler : oui, et sans sacrifier le confort.
Pourquoi les GAFAM posent problème aux artistes
Quand on est musicien, on partage beaucoup de données : maquettes, contacts pros, contrats, visuels, dates de tournée, playlists, newsletters. En utilisant massivement les outils des GAFAM, on accepte souvent sans le savoir :
une exploitation commerciale indirecte de ses données,
une dépendance à des plateformes qui peuvent changer leurs règles du jour au lendemain,
une centralisation de tout son projet sur quelques services privés étrangers.
Pour un artiste indépendant, ça peut vite devenir un point de fragilité.
L’e-mail : la base de tout projet musical
Beaucoup de musiciens utilisent encore Gmail pour communiquer avec programmateurs, médias ou labels. Une alternative solide existe : Proton Mail.Basé en Suisse, Proton Mail propose un chiffrement renforcé, une vraie politique de respect de la vie privée et une image très pro. Pour un artiste, c’est aussi un signal clair envoyé aux partenaires : “je prends mon projet au sérieux”.
Travailler ses dossiers, sans Google ni Microsoft
Pour les dossiers de presse, paroles, feuilles de route ou budgets, la Suite Office (Word, Excel…) est souvent incontournable.Mais La Suite (solution française soutenue par l’État) permet de travailler sur des documents collaboratifs sans passer par Microsoft ou Google Docs. Une bonne option pour les collectifs, assos, labels indés ou groupes en autoproduction.
Naviguer autrement qu’avec Chrome
Chrome est partout… mais c’est aussi un énorme aspirateur à données.Des navigateurs comme Vivaldi offrent une alternative sérieuse : rapide, personnalisable, respectueuse de la vie privée, et très appréciée par les profils créatifs. Moins de tracking, plus de contrôle.
Cartes, tournées et repérages
Pour préparer une tournée ou repérer une salle, Google Maps est un réflexe.Pourtant, Cartes.app (basée sur OpenStreetMap) permet de faire le job sans Google, avec des données ouvertes et collaboratives. Parfait pour tracer ses dates, ses trajets et garder une certaine cohérence éthique.
Streaming musical : soutenir mieux les artistes
Spotify reste ultra-dominant… mais sa rémunération pose question.Qobuz, plateforme française, propose :
une meilleure qualité audio,
une rémunération plus équitable,
un vrai soutien à la diversité musicale.
Pour un musicien, être présent sur Qobuz, c’est aussi encourager son public à consommer la musique autrement. Bien évidemment, on pense également à Deezer qui est français !
Stockage et partage de fichiers
Envoyer des maquettes, des stems ou un EP complet via WeTransfer ou Google Drive est courant. Des alternatives existent :
Infomaniak pour le cloud (hébergement suisse, très utilisé par les médias et assos),
SwissTransfer pour l’envoi ponctuel de fichiers lourds, sans inscription et sans exploitation commerciale des contenus.
Formulaires, inscriptions et contacts fans
Besoin de collecter des inscriptions à une newsletter, des précommandes ou des bénévoles ?Au lieu de Google Forms, Framaforms (du réseau Framasoft) permet de créer des formulaires simples, éthiques et respectueux des données. Parfait pour garder un lien sain avec son public.
Sortir des GAFAM, un pas à la fois
L’idée n’est pas de tout couper du jour au lendemain. Mais chaque outil remplacé est déjà une victoire :
plus d’indépendance,
plus de cohérence avec les valeurs DIY,
plus de contrôle sur son projet artistique.
Pour un musicien indépendant, sortir des GAFAM, ce n’est pas être anti-tech. C’est simplement reprendre la main sur sa création, ses données… et son avenir.


























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