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Qu’est-ce que le mouvement Riot Grrrls ?


Kathleen Hanna, Hayley Williams, Joan Jett, Pj Harvey… Elles sont nombreuses à avoir propulsé la culture rock féministe, un mouvement unique dénommé le Riot Grrrls !


À mi-chemin entre le punk et le rock alternatif, le Riot Grrrls mise sur une approche féminine engagée à l’ère des groupes masculins, où le patriarcat et l’homophobie était à son apogée. C’est dans les années 70 que les premiers groupes 100% composés de femmes font apparition pour défendre les droits des femmes, de la lutte contre les agressions sexuelles à l’avortement en passant par les standards de beauté imposés par la société, ces groupes, c’est un peu des minis collectifs féministe qui veulent bousculer les codes de cette société, qui, encore aujourd’hui est au bord du gouffre.


« Rebel girl »


Mais d’où vient cette expression et ce mouvement ? Si les groupes féministes existaient déjà avant que le terme Riot grrrls soit utilisé, avec les Runaways, Patti Smith ou encore PJ Harvey, ce n’est qu’au début des années 90 que les femmes s’engagent davantage dans leurs textes. Kathleen Hanna, une jeune étudiante en photographie d’Evergreen rencontre Tobi Vail et décide fonder un fanzine du nom de « Bikini Kill » La jeune femme, alors âgée de 22 ans, travaille dans un centre d’accueil de femmes victimes de violences conjugales ou de viol. Elle commence à écrire quelques textes et se met à la musique. Les deux amies, avec Kathi Wilcox lancent un groupe de punk mais pas seulement : un mouvement unique en son genre permettant aux femmes de lever leurs voix et se faire entendre. Les chansons dénoncent, révoltent, accusent. Une démarche féministe qui se traduit par de véritables prises de positions lors de leurs concerts, invitant toutes les femmes à poggoter et se libérer. En 1991, le « Riot Grrrl Manifesto », leur fanzine, publie un article qui changera le monde du rock :

« PARCE QUE nous les filles avons soif de disques, livres et fanzines qui NOUS parlent, dans lesquels NOUS nous sentons inclues et que nous pouvons comprendre à nos propres façons. PARCE QUE nous voulons rendre plus facile pour les filles de voir/ entendre le travail des autres filles, et pouvoir ainsi partager leurs savoir-faire, se critiquer ou s’applaudir. PARCE QUE nous ne voulons pas intégrer les standards des autres (les hommes) sur ce qui doit ou ne doit pas être. PARCE QUE nous sommes en colère contre une société qui nous dit qu’une Fille = Stupide, Fille = Mauvais, Fille = Faible. »


Il faut renverser le système, il faut libérer les femmes des carcans de la société, et pour cela, les Bikini Kill « need to start a girl riot », elles s’attaquent au conditionnement des minorités, aux standards de beauté, aux stéréotypes, à la culture du viol, à l’objectivation des femmes… En plus de chanter, les jeunes femmes s’inscrivent dans une véritable démarche militante ! Elles fondent la « Riot Grrrl Press », participent à des ateliers et conférences politiques, rédigent des textes engagés…


Loin d’être à son apogée


Début 2000, le mouvement s’estompe et Bikini Kill avec. Mais ce n’est pas pour autant la fin des Riot Grrrls ! C’est le cas du groupe Jack Off Jill qui se produit avec le tout jeune Marilyn Manson lors des premiers concerts du groupe. Influencé par les Riot grrrls, le groupe se redessine avec de nouvelles musiciennes punks. On retrouve la chanteuse Beth Ditto, leadeuse du groupe Gossip qui a de nombreuses fois insisté pour dire que ce mouvement était l’une de ses inspirations. Courtney love c’est aussi inspirée de ce mouvement avec son groupe Hole, on retrouve également les L7 ou encore Bratmobile.



De nos jours, les groupes et artistes féminines engagées sont de plus en plus nombreux, nombre sont celles à s’inspirer des Bikini Kill dans leurs musiques, on pense notamment à Amy Taylor du groupe Amy and the Sniffers qui hérite de la férocité du mouvement, Hayley Williams du groupe Paramore saluée pour son engagement autour des minorités, de la cause LGBTQ+ ou encore l’écologie (elle a d’ailleurs signé le deuxième album de Paramore du nom de RIOT ! Même si le sens de cette appellation fait écho aux émotions des artistes lors de l’écriture du disque). Si le punk est le registre par excellence du Riot, on retrouve le féminisme dans le registre pop, telle que la chanteuse Miley Cyrus qui casse les codes.


Une véritable culture fabriquée par les femmes, un mouvement qui n’est pas prêt de se

stopper…Vivre la culture RIOT !


Vous voulez en savoir plus ? La journaliste Manon Labry retrace l’histoire de cette

révolution punk féministe dans son ouvrage

Rédaction : Coline Lefèvre

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