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À l’occasion du festival Motocultor, qui se déroule du 13 au 16 août en Bretagne, TST Radio est allé à la rencontre de Tétou, membre de Celtkilt. Le groupe sera sur la scène Bruce Dickinson le 13 août pour un concert qui s’annonce particulièrement énergique.
Depuis 15 ans, Celtkilt fait voyager la musique celtique bien au-delà de ses frontières traditionnelles, en mélangeant sonorités bretonnes, irlandaises et écossaises avec rock, punk, metal et folk. Avec près de 900 concerts au compteur, le groupe s’est également forgé une solide réputation sur les scènes françaises, notamment au Hellfest.
Mais pour cette tournée, Celtkilt propose une nouveauté de taille : certains morceaux sont désormais joués avec un bagad. Une formation qui fait passer le groupe de cinq à près de 45 musiciens sur scène. Tétou nous raconte la naissance de ce projet, les coulisses de cette nouvelle formule, les prochains projets du groupe et ce qui attend le public du Motocultor.
TST Radio : Encore une grosse tournée pour Celtkilt qui a commencé le 1er mai et qui se prolonge tout l’été. Là, je crois que c’est la petite pause. Comment se passe cette tournée ?
Tétou : Écoute, c’est génial jusqu’à présent. Super accueil, super ambiance. Et puis voilà, une grosse nouveauté pour nous avec ce show avec le bagad. Du coup, 45 sur scène, c’est une machine de guerre, c’est un truc de fou !
TST Radio : On va revenir bien sûr sur cet événement, notamment au Motocultor. Mais est-ce qu’on peut revenir un peu sur Celtkilt ? Parce que Celtkilt, c’est de la musique celte avec du rock, pour faire simple. Est-ce qu’on peut résumer comme ça ?
Tétou : Oui. On est de la région lyonnaise, pour faire très simple, parce qu’il y en a qui viennent de loin. Notre sonneur de cornemuse notamment est moitié écossais, moitié italien, il vit en Italie. C’est un peu plus excentré que Lyon !
Ça existe depuis 15 ans maintenant. On a monté Celtkilt il y a 15 ans et on est, je ne sais pas, je crois presque à 900 concerts au compteur. Donc ça commence à faire une belle expérience.
Et pour résumer le truc, c’est vraiment un mélange de tout. Nos influences, c’est à la fois du trad, que ce soit breton, irlandais, écossais, et du rock, punk, metal, folk, un peu tous les autres trucs qu’on écoute. On a mis tout ça dans une grosse marmite, on a remué très fort et ça donne Celtkilt !
TST Radio : Alors les Celtes sont partis sur Lyon ?
Tétou : C’est ça qui est très beau avec la musique celtique : ça traverse vraiment toutes les frontières.
Pour la petite histoire, il y a beaucoup de bagads en Bretagne, mais il y en a aussi quelques-uns hors Bretagne, dont un à Rouen, qui n’est pas très loin du tout d’où je vis.
On a eu l’occasion de collaborer. Ils m’avaient invité, moi et un pote batteur, sur une tournée. On était 80, il y avait des choristes et forcément une énorme formation avec cornemuses, bombardes et compagnie.
On a fait l’Olympia, les Zéniths, plein de choses vraiment chouettes sur cette tournée. C’était un bagad qui tournait beaucoup à l’époque, le Bagad d’Allemore de… enfin, je ne vais pas dire de bêtises !
On a fait plein de choses merveilleuses et ça m’a redonné un peu le virus. Ça m’a donné envie de monter ma formule, un peu plus facile à déplacer que 80 personnes. Celle qui tournait à cinq sur scène, c’est un peu plus facile à caser. Et voilà, c’est parti comme ça.
TST Radio : Justement, parlons-en du bagad. Il y a déjà eu un concert avec le bagad que l’on retrouvera également au Motocultor le 13 août. Comment est né ce projet de jouer avec un bagad ? Est-ce que vous l’aviez déjà fait avant ?
Tétou : On ne l’avait jamais fait. Tu vois, on ne l’avait jamais fait en 900 dates. Mais là, c’était une grande première.
C’était au festival de Bobital, un gros festival en Bretagne que tu connais, qui est un peu à l’origine de ce truc-là.
Ça fait un petit moment qu’on se tourne autour. En mode : « Ce serait cool, on aimerait bien vous programmer, ce serait super classe, mais on aimerait bien un truc un peu unique, que vous n’avez jamais vraiment fait avant. »
Et c’est un petit peu de là qu’est née cette idée de collaboration. Certains membres de l’équipe connaissaient des membres du bagad et ils se sont dit : « On vous met en relation si vous voulez et on voit ce que ça donne. »
Effectivement, on s’est mis en relation et il y a eu un super feeling, un super contact.
Donc ce bagad, le Bagad Ar Meilhou Glaz de Kemper, qui est un super bagad, assez jeune, assez féminin, super dynamique, vraiment, ils en veulent, ils ont la patate, ils ont la banane !
Ils ont bossé comme des fous sur nos morceaux. Ils viennent se greffer sur huit ou neuf titres dans le set de Celtkilt.
Ça fait un truc énorme parce que ce sont des morceaux qu’on a joués un nombre incalculable de fois à cinq, et là ils prennent vraiment une tournure complètement différente à 45, forcément.
TST Radio : J’imagine que ce n’est pas la même préparation. Est-ce que ça a transformé un petit peu vos chansons également ? Est-ce qu’il a fallu vous adapter au bagad ?
Tétou : Oui. On a vraiment cherché à garder l’ADN des morceaux de Celtkilt, mais en les augmentant, avec plus d’harmonie, plus de dynamique, plus d’ampleur.
Ça ajoute vraiment un truc. C’est massif.
On n’a joué qu’une fois, pour l’instant, ce set à Bobital et le rendu était énorme. C’était vraiment quelque chose de massif.
Donc là, on a hâte, parce que du coup, on va jouer au Motocultor, entre autres, sur trois festivals cet été. C’est vraiment une fraîcheur et une puissance sans nom pour nous aussi. C’est génial. On redécouvre nos morceaux sous un nouveau genre.
TST Radio : La musique celte, tu dis, ça fonctionne. On le voit avec vous : il y a eu plein de festivals, plein de concerts, plus de 900. Vous avez notamment fait deux fois le Hellfest. Comment tu expliques cet engouement pour cette musique celte et le fait qu’elle se mélange aussi bien avec l’univers rock et metal, notamment au Motocultor qui aime mélanger musique traditionnelle bretonne, celte, rock et metal ?
Tétou : Carrément. Nous, c’est vraiment ce pont-là entre l’énergie du rock et l’énergie notamment des jigs irlandaises, ou justement la puissance d’un bagad. Il y a vraiment une énergie commune.
Je trouve qu’il y a un truc qui fait le lien de façon assez naturelle. C’est pour ça que ça se marie bien, je pense.
C’est un croisement qui peut faire sens si on le mène bien et si on lui met la bonne couleur et le bon rythme. Ce sont vraiment des énergies qui se recoupent pour moi.
La musique rock au sens très large, rock, metal et compagnie, et l’énergie de ces musiques traditionnelles, ce sont des trucs qui nous parlent vraiment.
Tu écoutes une giga ligne traditionnelle, tu ne peux pas t’empêcher de danser, de danser sur la table !
Nous, on est super friands de ce genre de mélodies. C’est pour ça qu’on en compose comme si c’était des trads et ensuite on les gonfle avec des guitares, avec une grosse batterie et tout ça, pour rejoindre l’énergie et l’amplifier encore plus.
Et ça fait un truc un peu irrésistible.
C’est vrai que c’est rare qu’on ait un concert où on ressorte et on se dise : « Tout le monde s’est fait chier. » Généralement, ce n’est pas l’idée ! C’est que tout le monde finit aussi transpirant que nous et avec la banane. Et c’est ça qui fait plaisir.
TST Radio : Je voulais revenir également sur la musique de Celtkilt. Il y a des albums, des chansons originales. On a eu des singles qui sont sortis l’année dernière, si je ne dis pas de bêtises. À quand le nouvel album ? Tu as toujours envie de demander !
Tétou : Ce sera sans doute début 2027.
On prend du temps pour composer, on a envie de faire quelque chose de vraiment bien. On voulait avoir de nouveaux titres à défendre sur scène, donc ces deux titres, on les a sortis en prémices de l’album.
Il y aura certainement un autre single et l’album qui va sortir après. Ça prend du temps, mais on aime bien faire les choses bien.
TST Radio : À l’écoute de ces deux singles, on a l’impression que le prochain album sera un petit peu différent en termes d’ambiance. On vous sent peut-être un peu plus atmosphériques. Est-ce que vous allez partir dans une direction différente tout en gardant cette singularité avec la musique celtique ?
Tétou : C’est un petit peu l’idée. C’est toujours la difficulté, entre guillemets, de garder vraiment son ADN tout en allant explorer un peu d’autres choses.
On écoute plein de choses différentes. Il y a souvent des morceaux, des trucs récents qu’on écoute, où on se dit : « Ah, ça c’est trop bien ! Ça serait génial qu’on ait un riff avec cette dynamique-là. » Ou : « Tiens, ce type de mélodie, c’est carrément catchy. »
On s’inspire un petit peu. C’est l’histoire de la musique. Tu t’inspires des choses qui te parlent. Et c’est le mélange de tout ça, c’est ta façon de régurgiter tout ça qui fait que ça donne quelque chose d’original.
Et c’est vrai que nous, on a sorti huit albums.
Dans les deux singles, il y en a un qui est plutôt pop, où on a incorporé une chorale gospel, assez « jumpant » et tout ça, qu’on aime bien. Et il y en a un qui lorgne aux limites du metalcore sur certains drops et du côté atmosphérique sur les couplets.
On ne s’interdit rien en fait. On essaye d’aller vers ce qui nous parle tout simplement.
Ce sont deux facettes de la direction que l’album va prendre, mais ça ne veut pas dire que ce sera uniquement cette direction-là.
On a toujours pas mal d’idées et d’inspirations dans nos albums. Tu retrouves souvent un truc très trad, très instrumental, un morceau vocal, un truc limite pop-punk californien, un truc presque metal, un truc plus dark… On ne s’interdit rien en fait.
Et c’est ça qui est intéressant, je pense.
TST Radio : On connaît aussi Celtkilt pour ses covers. Est-ce que vous en faites toujours ? Est-ce qu’il y en a de nouvelles qui vont arriver ? Est-ce qu’on aura des surprises sur cette tournée, notamment au Motocultor ?
Tétou : En fait, ça devient compliqué les covers dans le sens où, quand tu as huit albums au compteur, tu as beaucoup de titres.
Déjà, les choix de setlists sont difficiles parce qu’on a tous nos préférés, on a tous nos morceaux. « Ah, celui-là, il faut absolument qu’on joue ! »
Et du coup, ça laisse moins de place aux covers.
Au début, on en faisait parce que voilà, on avait un album ou deux et ça nous faisait marrer de reprendre du Pink Floyd, du AC/DC, du Céline Dion même. On a osé des trucs pas possibles !
Là, c’est vrai que c’est moins au programme, mais on réfléchit toujours un peu à des clins d’œil et des choses comme ça. Donc pareil, on ne s’interdit rien. On verra ce que ça donnera.
Au Motocultor, ce sera plus un set d’une heure avec le bagad. Ça va être un truc massif, qui envoie le steak et qui ne se pose pas de questions.
Je pense que ce sera plus dans cet esprit, avec tous les morceaux qui sont indispensables dans le set selon nous et selon les gens.
Parce que des fois, si on ne joue pas « Every Day is a Patrick's Day » par exemple sur un concert, on se fait engueuler presque ! Les gens l’attendent et ils ont envie de délirer là-dessus.
Tu as un peu des essentiels dans un set. Donc voilà, ça prend largement le pas sur les covers.
Mais on ne renie pas toutes les covers qu’on a faites au début. C’était très marrant et on s’est beaucoup fait la main là-dessus, à reprendre du Europe à la cornemuse. C’est toujours très drôle d’essayer des choses.
TST Radio : J’ai dit une bêtise tout à l’heure, je disais que la tournée s’arrêtait fin août, mais elle va jusqu’en septembre. Et puis il y a une date importante : vos 15 ans à La Cigale à Paris. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur cet événement, où tout est encore secret ?
Tétou : Ce qui n’est pas secret, c’est qu’on va avoir des invités. Je ne dirai pas encore lesquels. Ça va être une partie de cette version augmentée dont on parle.
On va faire un show vraiment spécial pour l’occasion. C’est vrai qu’on n’a jamais fait comme ça de grosse salle parisienne sur notre nom propre et là, on s’est dit : pour les 15 ans, il faut qu’on fête ça en bonne et due forme avec un show de fou.
On a vraiment hâte. Ça va clôturer presque la tournée parce qu’on s’est permis de s’ajouter un petit Zénith derrière avec les copains d’Ultra Vomit.
Clairement, en novembre, ça va vraiment se terminer là-dessus.
Mais voilà, les 15 ans, on fait ça le 10 octobre à La Cigale à Paris. Et c’est chouette parce qu’il y a des gens de partout qui viennent.
C’est un samedi soir, du coup les gens se font un week-end parisien pour venir célébrer ça avec nous. On a très très hâte aussi.
Il y a plein de bons rendez-vous cette année. C’est vraiment chouette. Et là, tu vois, on reprend très très vite : le 7 à Lorient, l’Interceltique, pareil, qui est un gros rendez-vous. On a plein comme ça de gros rendez-vous, on a super hâte. Concarneau, Les Filles Bleues aussi, il y a plein de choses trop cool.
Puis le Motocultpr, ça va être magique aussi, parce que si c’est la même ambiance qu’au Hellfest, on ne va pas s’ennuyer !
TST Radio : Je ne sais pas si tu pourrais répondre à ma question, mais j’espère qu’on pourra se croiser pendant le Motocultor. Est-ce que tu as vu un peu la programmation ? Est-ce qu’il y a des choses qui t’intéressent sur ce festival ? Est-ce que vous aurez le temps ?
Tétou : C’est exactement ça ! On joue le 13, je crois, à 18h30 quelque chose comme ça, et puis je pense qu’on va manger, prendre des douches, ranger le matos et tracer pour le prochain festival le lendemain matin.
Je pense qu’on va quand même regarder un ou deux trucs le soir. Il me semble qu’il y a Primus le même jour que nous notamment. Je sais qu’il y a pas mal de groupes qui nous intéressent.
Mais sur les autres soirs, on était un peu frustrés de ne pas pouvoir rester les quatre jours.
TST Radio : On ne peut pas faire une grosse tournée et rester quatre jours sur un festival !
Tétou : C’est ça. On part pour quatre jours. Le Motocultor, c’est la première date. Le lendemain, on est du côté de Nantes, ensuite aux Sables-d’Olonne et on finit à Concarneau.
Il faut garder l’énergie et les forces. On ne peut pas se permettre de faire une beuverie au Motocultor à la fin de notre concert. Malheureusement. C’est triste !
TST Radio : C’est triste, mais bon, plein de beaux concerts au programme, ça rattrape. En tout cas, merci Tétou, bonjour à l’équipe. J’espère qu’on aura le temps de se croiser en vitesse au Motocultor et puis à très bientôt !
Tétou : Eh bien carrément, merci à toi ! Merci !
Avec quinze années d’existence, près de 900 concerts et huit albums, Celtkilt n’a clairement plus besoin de faire ses preuves sur scène. Pourtant, le groupe continue d’explorer de nouvelles pistes et s’offre aujourd’hui un nouveau défi avec cette collaboration avec un bagad.
Le 13 août au Motocultor, le public pourra donc découvrir une version particulièrement imposante du groupe, avec près de 45 musiciens réunis sur scène pour revisiter plusieurs titres du répertoire. Une rencontre entre musique traditionnelle, rock, punk et metal qui devrait parfaitement trouver sa place dans l’esprit du festival.
Et pour celles et ceux qui ne pourront pas assister au concert, il faudra garder un œil sur la suite : entre un nouvel album attendu en 2027 et le grand concert des 15 ans à La Cigale le 10 octobre, Celtkilt a encore quelques belles surprises en réserve.
TST Radio sera présent au Motocultor pour vous faire vivre le festival et vous proposer d'autres rencontres avec les artistes présents sur place.





















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